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La mérule dans l'habitat : zones à risque, obligations du vendeur, prévention

Dernière mise à jour :

Champignon lignivore orangé étalé en croûte sur un bois pourri et humide

La mérule est un champignon lignivore qui détruit les bois des bâtiments humides et mal aérés. En zone délimitée par arrêté préfectoral, le vendeur joint à la promesse ou à l'acte une information écrite sur ce risque, et non un diagnostic.

Mérule, un champignon qui se nourrit du bois humide

La mérule appartient aux champignons lignivores, c'est-à-dire qu'elle se nourrit du bois. Elle s'attaque aux charpentes, aux planchers et aux boiseries des maisons humides et mal ventilées. Ses spores sont présentes sur tout le territoire : seules de bonnes conditions d'hygrométrie et de température empêchent le champignon de se développer. Le problème naît donc moins d'une contamination venue de l'extérieur que d'un bâtiment qui reste humide trop longtemps.

Le ministère du Logement relie la plupart des cas à des défauts d'entretien, à des dégâts des eaux ou à des erreurs commises lors de réhabilitations : enduits étanches posés sur des murs anciens, ventilations obturées, portes insuffisamment détalonnées qui empêchent l'air de circuler. Contrairement aux termites, la mérule ne provoque pas d'infestation à grande échelle, mais elle progresse de proche en proche à partir d'un premier foyer.

Une attaque souvent repérée tard, derrière les doublages

La mérule se loge le plus souvent derrière un doublage, un lambris ou un plancher, là où l'humidité stagne et où personne ne regarde. C'est pourquoi sa présence se découvre souvent tard, parfois à l'occasion de travaux, quand le bois a déjà perdu sa résistance. Les zones à surveiller en priorité sont celles qui ont connu une fuite, une remontée d'humidité ou un défaut de ventilation : sous-sols, pièces d'eau, pieds de murs, combles mal aérés.

Un bois abîmé dans une pièce qui a subi une fuite ou des traces d'humidité ancienne justifient l'avis d'un professionnel du traitement du bois. Le ministère recommande à tous les acteurs, locataires, propriétaires, maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre, de rester vigilants, en particulier pendant et après une rénovation.

Zones à risque de mérule fixées par arrêté préfectoral

Le dispositif de lutte contre la mérule a été créé par la loi ALUR du 24 mars 2014, sur le modèle de celui des termites. Lorsque des foyers sont signalés, le préfet délimite par arrêté les zones à risque, après consultation des conseils municipaux. Le Cerema publie une carte nationale de ces zones, utile pour savoir si une commune est concernée.

Ces zones ne recouvrent pas celles des termites : une commune peut figurer dans l'une, dans l'autre ou dans les deux. Les deux dispositifs se distinguent surtout par leur effet à la vente, puisque seul le diagnostic termites donne lieu à un véritable état établi par un diagnostiqueur certifié.

Vente en zone délimitée : une information écrite, pas un diagnostic

Pour la mérule, le vendeur d'un immeuble situé dans une zone délimitée fournit une information sur la présence d'un risque, annexée à la promesse de vente ou à l'acte authentique. L'ANIL souligne qu'il s'agit d'une information écrite et non d'un diagnostic : aucun dépistage systématique n'est imposé, et aucune durée de validité n'est fixée. Hors zone, cette information n'est pas exigée dans le dossier remis à l'acquéreur et qui forme le dossier de diagnostic immobilier.

Les réponses ministérielles indiquent qu'aucune sanction spécifique n'est prévue en cas d'oubli ; le droit commun s'applique. Un vendeur qui connaît une attaque passée ou présente a donc tout intérêt à la signaler clairement, travaux réalisés à l'appui, plutôt que de s'exposer à un litige après la vente.

Repères pour un vendeur dont la commune est classée en zone mérule

  • Vérifier l'arrêté préfectoral en mairie ou sur la carte du Cerema.
  • Rédiger l'information sur le risque de mérule et la faire annexer à la promesse puis à l'acte.
  • Rassembler les factures d'un éventuel traitement et des travaux sur l'humidité.
  • Déclarer en mairie toute mérule constatée dans le bâtiment.

Déclarer la mérule en mairie, en maison comme en copropriété

La déclaration de mérule en mairie est obligatoire dès que l'on a connaissance de sa présence dans un immeuble bâti. L'occupant s'en charge, ou à défaut le propriétaire. Pour les parties communes d'une copropriété, l'obligation revient au syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Ces déclarations permettent à la commune et au préfet de repérer les foyers et, le cas échéant, d'étendre les zones délimitées. Les autres obligations collectives d'un immeuble figurent avec les diagnostics de copropriété.

Traiter et prévenir la mérule en agissant sur l'humidité

Le ministère ne décrit pas de méthode de traitement type : l'intervention relève d'un professionnel qui évalue l'étendue des bois atteints. La prévention, elle, repose sur le fonctionnement du bâtiment vis-à-vis de l'humidité. Il s'agit de surveiller et d'entretenir régulièrement la construction, d'adapter les travaux au mode de fonctionnement des murs anciens et aux habitudes des occupants, et de maintenir les ventilations en état.

L'Anah a diffusé un guide de bonnes pratiques intitulé « Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat », destiné aux rénovations. Une réhabilitation qui enferme un mur humide derrière un doublage étanche crée exactement les conditions que le champignon recherche. Les autres risques sanitaires du bâti sont présentés dans la rubrique santé et sécurité du logement.

Mérule et transaction immobilière : questions concrètes

Un acheteur peut-il exiger un diagnostic mérule ?
Aucun texte n'impose de diagnostic mérule, même en zone délimitée. Un acquéreur peut toutefois demander une inspection à ses frais ou en faire une condition de son offre, d'un commun accord avec le vendeur.
Combien de temps reste valable l'information sur le risque de mérule ?
Aucune durée de validité n'est fixée pour ce document. Il doit simplement refléter la situation de la zone et du bien au moment de la promesse et de l'acte.
La mérule se transmet-elle d'une maison à l'autre ?
Le champignon progresse de proche en proche depuis un foyer, ce qui explique l'intérêt d'une déclaration locale. Ses spores étant présentes partout, c'est surtout l'humidité d'un bâtiment qui lui permet de s'installer.

Sources : ministères de la Transition écologique et du Logement, « Termites, insectes xylophages et champignons lignivores », publiée le 14 janvier 2023, mise à jour du 10 avril 2026 ; loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 (ALUR) ; ANIL, « Achat & vente : quels diagnostics ? », juillet 2026 ; Service Public, fiches relatives au dossier de diagnostic technique ; Anah, « Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat ».

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